Alcool
et grandes écoles
«
Quand la défonce fait partie du cursus » titre LE NOUVEL OBSERVATEUR qui assure que « trop de soirées se transforment
en orgies alcoolisées, notamment dans les grandes écoles » mais que « quelques
directeurs commencent à chercher la parade ». Le magazine qui relève que de
plus en plus d’étudiants pratiquent le « binge drinking » ou « l’alcool défonce », souligne qu’à presque
chaque soirée étudiante, Samu, pompiers ou Croix Rouge sont appelés à la
rescousse, sachant que parfois c’est le drame comme en 2006 à l’Isep où un jeune s’est noyé après une soirée trop arrosée
ou comme en 2005 à Centrale où un élève a été retrouvé mort dans sa chambre
après une soirée trop alcoolisée. D’après le journal, ce sont les élèves des
grandes écoles qui sont « champions en consommation d’alcool » puisque 45%
d’entre eux boivent une fois par semaine et 10% deux ou trois fois par semaine.
Expliquant que cette consommation est peut être due à la pression de la
sélection, mais plus sûrement à un train de vie aisé, l’hebdo mentionne aussi
le rôle du bureau des élèves, sponsorisé par les entreprises ou doté de gros
budgets par sa direction qui organise des « open bars » avec alcool gratuit à
volonté. Le magazine qui précise que toutes les écoles organisent des fêtes une
fois par semaine ou par mois, fait un gros plan sur une petite école de
commerce parisienne (où les membres du BDE ont bien voulu témoigner sans citer
de noms). D’après le magazine pour se faire élire au BDE, les étudiants
organisent une « campagne électorale » qui consiste à distribuer gratuitement
boissons alcoolisées et cadeaux aux « électeurs », sachant que pour financer
l’opération, chaque liste a signé un accord avec un alcoolier qui obtiendra le
« contrat alcool » si la liste est élue. Notant que pour les fêtes, l’alcoolier
consent 30% de réduction sur les boissons qu’il livre sur place au «
responsable alcool » du bureau, le magazine souligne qu’il assure également
l’animation et offre quelques packs d’alcool fort pour « entretenir les bonnes
relations ». L’hebdo qui assure que pendant des années, malgré la loi Evin,
l’alcoolier a distribué tee shirts et cadeaux au nom
de la marque, rapporte que depuis la rentrée tout ceci est terminé, mais que
selon une chargée de prévention à la Mutuelle des étudiants « la pression des
alcooliers reste énorme et leur démarche très offensive ». A la Question « Que
faire ? » le journal répond : surveiller les pratiques des alcooliers, imposer
des réglementations aux discothèques pour que l’alcool ne soit pas gratuit, et
faire respecter la loi, sachant qu’une descente de gendarmerie à Polytechnique
a permis de découvrir une « incroyable réserve » d’alcool. Pourtant, d’après le
Nouvel Obs, certaines directions d’école « commencent
à se réveiller », ainsi le directeur d’Euromed à
Marseille a complètement interdit l’alcool sur le campus, et à Paris, après le
drame de 2005, Centrale a interdit les open bars, n’autorisant que des stocks
d’alcool limités lors des soirées. Observant que la Conférence des Grandes Ecoles
vient de créer un groupe de travail sur les « comportements à risque », le
journal indique qu’elle espère mettre en place d’ici la fin de l’année une
charte commune à toutes les écoles, car selon le responsable du groupe « les
directeurs sont inquiets pour leur mission d’éducation mais aussi pour leur
responsabilité pénale », d’autant que ces débordements ne sont pas très bon
pour l’image des grandes écoles françaises.