Violences liées à l’alcool

 

LE MONDE qui observe que « Les pouvoirs publics cherchent à endiguer les violences liées à l’alcool », relève qu’ainsi Nantes a interdit les « happy hours » alors que Grenoble encadre le « Beaujolais nouveau ». Le journal qui évoque la situation à Nantes où après des noyades et des violences liées à l’alcool, la mairie a pris un arrêté visant à limiter les consommations excessives, souligne que face à la multiplication de ce type de faits divers de nombreuses autres mairies ont pris de tels arrêtés. D’après le quotidien, Rennes confrontée aux troubles importants des jeudis de la « rue de la soif » dispose désormais d’un arsenal juridique complet et Grenoble prévoit un dispositif policier important, accompagné de mesures d’interdiction pour la prochaine édition du « Beaujolais nouveau ». Indiquant qu’en 2006, les préfets « ont lancé une multitude de signaux d’alerte » sur l’évolution de la délinquance en insistant sur le rôle néfaste joué par l’alcool, le journal précise qu’ils s’alarmaient de la « recherche de la défonce » et de « passage à l’acte » plus fréquent, ce qui a amené le gouvernement Villepin a durcir l’arsenal pénal avec la loi de prévention de la délinquance du 7 mars 2007, faisant de l’alcool une circonstance aggravante pour les violences, viols et agressions sexuelles commises en état d’ivresse ou sous stupéfiants. Le Monde note que les zones rurales sont également touchées, les gendarmes évoquant la « généralisation de phénomènes nouveaux et plus difficilement contrôlables » comme « l’achat de boissons en supermarché et la consommation dans la voiture ou sur un parking » ou encore « l’alcoolisation de masse lors de certaines soirées étudiantes ». D’après le quotidien, « préoccupée par ces phénomènes, la MILDT vient de commander une étude sur le lien entre alcool et violence », Etienne Apaire, son président, expliquant « les éléments dont nous disposons sont parcellaires ». Relevant que quelques études américaines et canadiennes montrent le lien entre alcool et agressivité puisque 26 à 39% des victimes relient l’agression à une prise d’alcool de l’agresseur, le journal fait également état d’une étude française montrant que 36% des auteurs de violences conjugales avaient bu au moment des faits. Luc Bronner qui note que les ivresses augmentent chez les jeunes, rapporte que selon Etienne Apaire « les consommations des jeunes Français sont moins importantes que dans le reste de l’Europe. Mais les phénomènes d’alcoolisation excessive tendent à se répandre en France ». Soulignant que selon l’OFDT, la proportion de jeunes de 17 ans reconnaissant avoir eu au moins trois ivresses au cours des 12 derniers mois est passée de 27,2% en 2002 à 33,4% en 2005, et de 12,4% à 18,3% pour les filles, le journaliste précise que les jeunes se tournent vers des alcools forts et cherchent à atteindre très rapidement l’ivresse, un phénomène qui touche surtout les étudiants mais très peu les jeunes des quartiers « sensibles » pour des raisons culturelles.