Jeunes et alcool

 

« Saouls plus vite et plus tôt » titre LE MONDE de dimanche lundi qui indique que « la première ivresse survient en moyenne à l’âge de 14 ans » et que « la manière de boire des adolescents a changé » car « il faut être ivre immédiatement ». Gros plan du journal sur une fête de l’Ecole centrale où pour la première fois l’alcool ne coulait pas à flot avec 1200 invités qui « n’y trouvèrent rien à redire, bien au contraire ». Evoquant tout ce que l’on a pourtant entendu sur ces soirées, sponsorisées par les alcooliers, où la future élite du pays s’enivre, le quotidien rappelle qu’à l’automne 2005, un élève de Centrale avait été retrouvé mort dans sa chambre après une fête trop arrosée, ce qui fut un « électrochoc » pour beaucoup d’étudiants. Le journal qui observe que depuis, le principe des « opens bars » a été revu à la baisse, souligne selon le président de l’association des résidents de l’Ecole centrale, « cela faisait déjà plusieurs années que les mentalités commençaient à bouger. Le décès survenu en 2005 (ayant) seulement accéléré les choses ». Le président de la Résidence, ancien centralien, qui dit avoir été frappé qu’en 20 ans l’école soit « passée d’une consommation festive à des débordements intolérables », évoque la politique qu’il a menée en matière d’alcool avec respect de la réglementation sur l’alcool, interdiction de boire les jours de sport, et offre de boissons alternatives, jusqu’à la mise en place d’une « charte alcool » élaborée par l’association des résidents, qui régit l’organisation des soirées et notamment la quantité d’alcool autorisée en fonction du nombre de personnes. Le Monde qui relève qu’avec cette charte, les fêtes de Centrale « ne tournent plus à la beuverie », interroge « la modération imposée par Centrale sera-t-elle suivie ? », sachant que le phénomène touche désormais l’ensemble du monde étudiant, avec les week-ends d’intégration et les fêtes organisés par les universités où les boissons sont offertes à prix cassés par les alcooliers. Observant que cette tendance est suffisamment forte pour avoir incité à l’organisation d’un colloque sur le thème « Alcool et adolescence » le 9 mars à Paris, le quotidien se demande ce que les étudiants recherchent dans ces soirées alcoolisées. Certains jeunes disent vouloir retrouver des copains, d’autres avouent aimer l’effet désinhibiteur de l’alcool, alors qu’une jeune fille assure au contraire avoir « du mal avec l’alcool » car étant « la seule à être à peu près clean » elle a « l’impression d’être responsable de tout le monde ». D’après le quotidien, tous se déclarent conscients qu’il ne faut pas abuser de l’alcool mais admettent boire entre copains déjà depuis plusieurs années, sachant toutefois que les jeunes Français ne boivent pas plus qu’il y a 10 ou 20 ans et pas plus dans le milieu étudiant qu’ailleurs. Le quotidien qui souligne toutefois que ce qui inquiète les médecins c’est l’âge précoce de la première ivresse ainsi que la manière de boire « vite et fort », rapporte que selon le Dr Huerre « ce qui est recherché (...) est une excitation sensorielle alliée à une prise de risque dont le principal but est de se prouver qu’on existe », un « mécanisme archaïque » dont « l’objectif laisse rêveur » quand on entend cette jeune fille déplorer « La soirée était nulle, j’ai même pas vomi... ». Indiquant que selon une psychologue « les étudiants sont de plus en plus nombreux à boire seuls (...) à la première contrariété », le journal rapporte aussi que selon le comédien et auteur Alain Lagneau qui s’investit dans la prévention « la spécificité des jeunes, c’est qu’ils ne considèrent pas avoir un problème avec l’alcool . Tous affirment arrêter quand ils veulent ».