Alcool - travail

 

« Lever le tabou de l’alcool au travail » titre LA TRIBUNE qui affirme que « des pots institutionnalisés (...) aux licenciements pour surconsommation, la question de l’addiction n’est que trop rarement posée sans tabou, ni stigmatisation ». Soulignant que dans un monde professionnel où il vaut mieux être à l’aise, « l’alcool est surtout apprécié pour ses vertus désinhibantes et euphorisantes » à l’occasion de pots entre collègues, le journal observe que toutefois l’alcool a aussi une réalité moins festive car on boit également pour oublier la souffrance, la peur, le stress. Rappelant qu’il y a cinquante ans l’alcoolisation au travail était une réponse aux conditions physiques, alors qu’aujourd’hui la charge physique est remplacée par une charge mentale face à laquelle l’alcool devient un antistress et un anxiolytique, le quotidien. considère en outre que dans une société qui place la notion de performance en son centre et pense qu’il existe une solution pharmaco chimique à chaque tracas, de plus en plus de salariés ont recours à des substances psychoactives pour être à la hauteur. Le psychiatre Michel Hautefeuille pour qui « l’entreprise serait addictogène », affirme que « la recherche de la performance entraîne l’utilisation de produits qui y participent » et il précise « la plupart de (mes) patients (...) ne sont pas toxicomanes. Ils sont simplement piégés à l’intérieur d’un système de dopage ». Le journal qui fait état de 10 à 20% d’accidents du travail liés à l‘alcool (chiffres Inserm), estime que sous l’effet de la législation, les entreprises commencent à réagir. Selon Aides alcool (enquête 2006) « les quantités d’alcool à disposition ont notamment été limitées et les consommations surveillées » lors des pots et des repas. D’après La Tribune, il ne faudrait pas pour autant confiner cette consommation dans le cadre privé, mais plutôt considérer que l’enjeu est du côté de la prévention en entreprise et non de l’interdiction. Pour Jean François Vallette, directeur d’Aides alcool, « il faut sortir du discours idéologique sur l’alcool (...) le problème est que l’on interroge trop le produit et pas suffisamment les raisons qui amènent certains à adopter une relation de dépendance vis-à-vis de cette substance ». Observant que les entreprises préfèrent garder le silence, oscillant entre complicité et rejet catégorique des salariés alcooliques, le journal rapporte les propos d’un cadre dirigeant, consommateur occasionnel d’alcool et de cocaïne, « tant que vous êtes opérationnel (...) peu importent les substances que vous utilisez (...) Si en revanche vous craquez, c’est tant pis pour vous ». Et le journal de conclure qu’en règle générale l’employeur intervient trop tard avec pour réponse une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

Sous le titre « Boire et gagner plus » un encadré où le journal fait état d’une étude « insolite » qui montre qu’aux Etats-Unis les buveurs d’alcool gagnent plus que les non buveurs (10% de plus pour les hommes et jusqu’à 14% pour les femmes). D’après La Tribune, la consommation d’alcool permettrait de développer des qualités humaines, professionnelles et sociales et d’entretenir un réseau de relations plus large qui permet d’obtenir des opportunités professionnelles. Les auteurs évoquent une « augmentation du capital social ».