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info-drogues - alcool et santé |
A partir de quelle quantité l'alcool est-il nocif pour le
foie ?
L'alcool est-il bon pour le cœur ?
Alcool et cancer : quel rapport ?
Comment l'alcool agit-il sur la reproduction et le système immunitaire ?
Quels effets l'alcool a-t-il sur le cerveau ?
Qu'est-ce qu'une saine attitude face à la consommation d'alcool ?
L'alcool n'est pas seulement un produit de consommation courante très répandu dans la population. C'est aussi un produit psychotrope, c'est-à-dire une drogue et la cause de nombreux problèmes physiques et sociaux. Consommé en grandes quantités, l'alcool nuit à pratiquement tous les organes du corps humain. Souvent, d'autres facteurs jouent également un rôle - plus ou moins déterminant - dans ces pathologies, par exemple l'existence d'une autre maladie, les prédispositions génétiques ou une alimentation déséquilibrée. Lorsqu'une personne consomme une grande quantité d'alcool durant un temps prolongé, cela peut en outre conduire à de multiples difficultés sociales, telles que la perte de son emploi, le divorce, la déchéance sociale, et, partant, une diminution du revenu. Tous ces problèmes affecteront à leur tour sa santé physique et psychique.
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Les maladies du foie : la cause de mortalité la plus fréquente chez les personnes alcoolodépendantes
Il est bien connu que l'abus chronique d'alcool endommage le foie. C'est en effet la cause primaire la plus importante d'atteintes hépatiques, atteintes qui font partie des causes de mortalité les plus fréquentes parmi les personnes alcoolodépendantes. Le risque de développer une maladie hépatique grave croît de manière significative chez les hommes qui consomment de 50 à 80 grammes d'alcool pur, soit entre 4 et 7 verres-standard (v-s), par jour durant 15 ans. A dose égale d'alcool les femmes sont encore plus à risque de développer des lésions du foie.
La pancréatite : une cause fréquente d'hospitalisation
Les pancréatites, c'est-à-dire les inflammations du
pancréas, sont les maladies liées à l'alcool les plus fréquentes du tractus
digestif. Il est probable qu'à l'échelle planétaire davantage de personnes
sont hospitalisées d'urgence pour une pancréatite d'origine alcoolique que
pour des atteintes hépatiques dues à l'alcool. Environ 70% des personnes qui
souffrent de pancréatites chroniques sont des consommateurs abusifs d'alcool.
Contrairement aux maladies du foie, il ne semble pas y avoir pour les
pancréatites de seuil minimal en-deça duquel la quantité d'alcool
consommée resterait inoffensive ou moins risquée.
Les patients qui présentent des ulcères de l'estomac ou du duodénum comptent
généralement parmi les grands consommateurs d'alcool. Lorsqu'on prend en
considération d'autres facteurs de risque, tels que le stress et surtout la
fumée, il s'avère toutefois que l'alcool n'est que l'un des facteurs à
l'origine des ulcères de l'estomac et du duodénum et non leur cause
principale.
Reproduction : l'abus chronique d'alcool rend impuissant
Environ la moitié des personnes qui consomment régulièrement de fortes quantités d'alcool voient leur libido (désir sexuel) diminuer. De plus, l'abus chronique d'alcool peut endommager les glandes sexuelles, conduire à la stérilité et provoquer une augmentation anormale du volume des glandes mammaires. Quelque 10% des hommes qui consomment trop d'alcool souffrent d'impuissance ; celle-ci persiste chez la moitié d'entre eux même après plusieurs années d'abstinence. Une grande partie de ces troubles n'apparaît toutefois que chez les très gros consommateurs (150 à 200 grammes d'alcool pur, soit 13 à 17 v-s, par jour durant 10 ans au moins). Chez les femmes, des quantités journalières assez faibles d'alcool (dès 60 grammes d'alcool pur, soit 5 v-s) peuvent déjà entraîner des troubles de l'ovulation.
Système immunitaire : l'abus rend plus vulnérable aux maladies infectieuses
De nombreuses études mettent en évidence que l'abus d'alcool entrave les activités des cellules du système immunitaire. Cela explique pourquoi les personnes alcoolodépendantes sont particulièrement vulnérables aux maladies infectieuses (tuberculose, refroidissements, etc.) L'action de l'alcool sur le système immunitaire est un processus extrêmement complexe, dont on ne connaît pas encore tous les mécanismes à l'heure actuelle.
Maladies du système circulatoire cardiaque et cérébral
Hypertension
Le risque d'avoir une tension trop élevée
augmente de 50% chez les personnes qui consomment chaque jour plus de 30 à 40
grammes d'alcool pur (3 v-s). Ce risque double lorsque la consommation atteint
60 à 70 grammes d'alcool pur (5 à 6 v-s).
A l'opposé, on ne dispose pas actuellement de preuves suffisantes pour affirmer
qu'une consommation quotidienne de moins de 10 grammes d'alcool pur peut avoir
un effet bénéfique sur la tension.
Maladies du muscle cardiaque
(myocardiopathies)
Le terme de myocardiopathie englobe différentes maladies du muscle
cardiaque. Tout comme la consommation de drogues illégales, la consommation
d'alcool peut affaiblir le muscle cardiaque. Les lésions du muscle cardiaque
dues à l'alcool n'apparaissent généralement qu'en cas de forte consommation
chronique.
Troubles du rythme cardiaque
Certains troubles du rythme cardiaque - notamment l'accélération des
battements du cœur (tachycardie) et la fibrillation auriculaire - peuvent être
observés aussi bien lors d'une intoxication alcoolique aiguë qu'en cas de
consommation de longue date. La fréquence d'apparition de tels troubles est
deux fois plus élevée chez les grands consommateurs d'alcool (plus de 60
grammes d'alcool pur, soit 5 v-s) que chez les consommateurs modérés (env. 10
grammes d'alcool pur). Il est probable que la forte proportion de morts subites
parmi les personnes alcoolodépendantes est en partie imputable à des troubles
du rythme cardiaque.
Accidents vasculaires cérébraux
Les accidents vasculaires cérébraux sont l'une des causes de
mortalité et d'invalidité les plus fréquentes en Suisse. Elles peuvent être
causées par un arrêt de l'apport de sang au cerveau (infarctus cérébral) ou
par des hémorragies dues à des parois artérielles perméables (hémorragie
cérébrale). La relation de cause à effet entre consommation d'alcool et
accidents vasculaires cérébraux n'est pas encore clairement définie. On sait
cependant qu'elle n'est pas la même pour les deux types d'accidents vasculaires
cérébraux. Un consensus s'est formé autour des points suivants :
- Le risque d'être victime d'une hémorragie cérébrale augmente avec la quantité d'alcool consommée.
- Le risque d'infarctus cérébral baisse en cas de consommation d'alcool modérée (1 v-s quotidien au maximum), mais augmente sensiblement lors d'une forte consommation d'alcool.
Maladies coronariennes :
l'alcool est-il «bon pour le cœur»
L'effet protecteur d'une consommation modérée d'alcool contre les
maladies coronariennes est désormais prouvé. De nombreuses études réalisées
au cours des deux dernières décennies confirment cette relation positive entre
consommation d'alcool et maladies artérielles coronariennes. Toutefois, elles
démontrent également qu'une forte consommation d'alcool annule l'effet
protecteur et redevient facteur de risque. Un verre de vin ou de bière par jour
permet de bénéficier de l'effet préventif de l'alcool au niveau
cardiovasculaire. Il n'est pas recommandé pour autant de commencer à boire de
l'alcool. L'activité physique, une alimentation saine et le fait de ne pas
fumer restent les meilleures protections contre un infarctus. L'effet réducteur
de risques de l'alcool sur les maladies coronariennes est surtout constaté chez
les personnes de plus de 45 ans ; il est rare que les gens plus jeunes meurent
d'une maladie coronarienne. Certaines études tendent à démontrer que c'est
surtout le vin qui a un effet protecteur à cet égard. L'effet préventif d'une
consommation modérée d'alcool a cependant été relevé dans plusieurs pays
dont les préférences en matière de boissons alcoolisées diffèrent. A ce
jour, l'hypothèse selon laquelle le vin aurait un effet particulièrement
protecteur n'a donc pas été vérifiée de manière concluante.
L'effet positif de la consommation d'alcool sur les maladies artérielles
coronariennes s'explique entre autres par le fait qu'elle stimule la production
de cholestérol HDL («bon cholestérols»). Celui-ci favorise l'élimination
des graisses contenues dans le sang et évite ainsi leur dépôt sur les parois
des vaisseaux sanguins. De plus, on suppose que l'alcool diminue la formation
des plaquettes sanguines, qui constituent l'un des facteurs principaux dans
l'apparition de thromboses dans les artères coronaires et donc des infarctus
qui s'en suivent.
Cancer : l'alcool est un co-carcinogène
Si aucun test scientifique effectué en laboratoire ne
permet de classer l'alcool de table parmi les substances cancérigènes, il ne
fait cependant aucun doute que c'est un co-carcinogène, c'est-à-dire un agent
qui renforce l'effet cancérigène d'autres substances. Le risque de développer
l'un des cancers en relation avec l'alcool s'élève en fonction de la quantité
consommée. Les risques sont les mêmes pour les deux sexes, à l'exception des
cancers de la cavité buccale, dont les femmes sont moins atteintes, et du
cancer du sein, qui ne touche que très rarement des hommes.
Cancers de la bouche, du larynx, du pharynx et de l'œsophage
La consommation d'alcool accroît le risque d'être affecté par un
cancer de la bouche, du larynx, du pharynx ou de l'œsophage, en particulier
chez les personnes qui fument. En ce qui concerne ce type de cancers, l'alcool
et le tabac consommés ont une action synergique et sont donc d'autant plus
dangereux lorsque leurs quantités respectives augmentent.
Cancers du pancréas et cancers gastro-intestinaux
Bien qu'il ne fasse aucun doute que l'abus d'alcool provoque souvent des
inflammations du pancréas et de l'estomac, la corrélation entre consommation
d'alcool et cancers affectant ces organes n'a pas pu être établie avec
certitude. On dispose cependant de données allant dans ce sens en ce qui
concerne certains néoplasmes situés entre l'œsophage et l'estomac. Par
ailleurs, de nombreuses études ont montré un risque significatif bien que
faiblement accru (de 10 à 20%) de cancer du colon et du rectum chez les
personnes consommant de grandes quantités d'alcool.
Cancer du sein
Au niveau mondial, le cancer du sein est l'une des maladies féminines
à issue fatale les plus répandues. La relation entre consommation d'alcool et
cancer du sein n'a pas pu être prouvée de façon définitive. On ignore
notamment s'il y a un lien direct de cause à effet ou si d'autres facteurs
jouent également un rôle à cet égard. Plusieurs recherches médicales
confirment plutôt l'hypothèse selon laquelle le risque de cancer du sein
augmente lorsque la consommation d'alcool se combine avec d'autres facteurs de
risque. Les scientifiques ont décrit certains de ces facteurs, notamment
l'influence du cycle menstruel ou des carences en hydrates de carbone souvent
observées chez les grandes consommatrices d'alcool. L'existence d'une
causalité directe entre alcool et cancer du sein semble donc très improbable.
Il n'en demeure pas moins que beaucoup de femmes consomment de l'alcool en
Suisse et que les tumeurs malignes du sein y sont une maladie fréquente
puisqu'elles représentent 22% de tous les cancers féminins dans ce pays. Un
rapport assez faible entre alcool et cancer du sein revêt donc une importance
certaine en termes de santé publique.
Des expériences menées en laboratoire donnent des indications quant à la
manière dont l'alcool influence l'apparition d'un cancer du sein. Des essais
sur les animaux ont montré que la consommation d'alcool accélère le
développement du cancer du sein et conduit à une croissance plus forte des
cellules des glandes mammaires. L'un des principaux mécanismes en jeu semble
être l'augmentation du taux d'œstrogènes chez les femmes qui consomment de
l'alcool, surtout au moment de l'ovulation. Un niveau élevé d'œstrogènes est
considéré comme l'une des causes principales de cancer du sein.
| Qu'est-ce qu'une saine attitude face à
la consommation d'alcool ? L'alcool est à la fois un produit de consommation courante et une drogue. Il est difficile d'établir des règles simples et précises pour définir une saine attitude face à la consommation d'alcool, car chaque individu y réagit différemment. De plus, l'action de l'alcool et les conséquences de sa consommation varient selon le contexte (par ex. grossesse, maladie) et les activités (conduire un véhicule, faire du sport, faire un travail qui demande une grande concentration). Un effet protecteur sur les maladies coronariennes existe avec un verre de boisson alcoolique tous les deux jours. Les recommandations suivantes sont des règles générales qui ne s'appliquent qu'aux personnes en bonne santé :
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Troubles du système nerveux central et périphérique
L'alcool a une action marquée sur le cerveau,
c'est-à-dire sur le système nerveux central. Il change les propriétés des
cellules et des membranes cellulaires et influence les processus chimiques
responsables de l'assimilation de l'information.
Brusques variations de l'humeur, perception distordue et troubles de la
motricité sont les signes les plus manifestes des effets psychotropes de
l'alcool. Ces symptômes apparaissent déjà à un taux d'alcoolémie
relativement bas de 0.25‰. Lorsque ce taux augmente (alcoolémie de 1‰ ou
plus) on assiste à des troubles du langage, des «blancs», des pertes de
mémoire et des troubles psychomoteurs. Au-delà de 5‰, l'intoxication
alcoolique aiguë peut conduire à la mort. Les conséquences les plus tragiques
des ivresses dues à l'alcool se font surtout sentir sur la route. Mais l'alcool
intervient aussi dans nombre d'actes de violence, commis ou subis, et de
tentatives de suicide.
L'abus chronique d'alcool peut conduire à de sévères lésions cérébrales,
telles que le syndrome de Wernicke-Korsakoff ou la démence alcoolique. Celle-ci
se caractérise par des troubles de la mémoire (en particulier la mémoire
récente et la faculté d'apprendre) et une détérioration des facultés
cognitives (notamment l'aptitude à résoudre des problèmes et la capacité
d'analyse abstraite). Même en l'absence de telles lésions neurologiques, 50 à
70% des consommateurs d'alcool de longue date présentent des déficits quant à
la faculté de résoudre des problèmes et à leurs capacités de perception et
de mémorisation.
L'abus chronique d'alcool modifie le fonctionnement cérébral, ce qui peut
provoquer un grave syndrome de manque lorsque la consommation d'alcool est
interrompue ou diminuée. Le syndrome de manque s'installe généralement un à
deux jours après l'arrêt de la consommation d'alcool et se manifeste le plus
souvent par des troubles du sommeil, un état d'anxiété et de l'agitation.
Environ 5% des patients présentent des réactions plus sévères, telles
qu'hallucinations, désorientation et confusion.
Outre le système nerveux central, la consommation excessive chronique d'alcool
peut aussi endommager le système nerveux périphérique, sous forme d'une
polyneuropathie se manifestant d'abord au niveau des jambes par des sensations
d'engourdissement, puis des douleurs (crampes) dans les membres inférieurs.
Effets de l'alcool sur le développement du fœtus et des enfants
La consommation d'alcool agit sur le développement de l'enfant à naître à
tous les stades de la grossesse. Toutefois, les malformations congénitales
graves dues à l'alcool se produisent presque toujours au cours des trois
premiers mois de grossesse, période à laquelle se forment les principaux
organes et où les femmes ne savent encore pas qu'elles sont enceintes. Des
modèles de consommation inadéquats peuvent donc générer des malformations
involontaires, même si, de façon générale, les futures mères sont prêtes
à modérer leur consommation d'alcool durant la grossesse.
Le «syndrome fœtal alcoolique» (SFA) est la malformation congénitale
exogène la plus fréquente. On compte environ 200 cas de SFA en Suisse chaque
année. Lorsque les nouveau-nés ne présentent que des signes de gravité
faible ou modérée, on parle d'effets fœtaux alcooliques (Fetal Alcohol
Effects, FAE) ou de malformations congénitales liées à l'alcool. La
probabilité d'une lésion fœtale augmente parallèlement à la consommation
d'alcool de la mère. Selon leur degré de gravité, certaines lésions sont
cependant plus ou moins réversibles. Les SFA peuvent apparaître chez les
enfants dont les mères consomment plus de 80 grammes d'alcool pur par jour (6
à 7 VS). Une consommation excessive mais sporadique, c'est-à-dire répartie de
manière inégale sur la semaine, est encore plus risquée pour le
développement de l'enfant.
La plupart des études consacrées à l'évolution de ces enfants jusqu'à
l'âge adulte ne parviennent pas à séparer l'influence de l'environnement dans
lequel ils grandissent de celui des lésions effectives dues à l'alcool.
L'ensemble des atteintes psychiques et une partie des atteintes physiques subies
durant la grossesse semblent cependant laisser des traces jusqu'à leur mort, du
moins pour ce qui concerne les SFA et les FAE. La focalisation des débats sur
le syndrome fœtal alcoolique, qui présuppose la consommation de très fortes
quantités d'alcool, masque le fait qu'une consommation en apparence tout à
fait modérée peut d'ores et déjà entraîner des retards dans le
développement de l'enfant. Un verre de vin ou une bière par jour ne nuit
probablement pas au bébé. En boire régulièrement le double peut déjà avoir
des conséquences négatives.
Autres retombées de la consommation d'alcool sur la santé
Les principaux effets sur la santé de la consommation d'alcool en général ont été décrits ci-dessus. Or, la consommation excessive a des répercussions particulières sur le plan physique : l'alcool a une action négative sur les glandes endocrines, altère la formule sanguine ainsi que la moelle osseuse. De plus, il est souvent lié à des carences alimentaires (apports insuffisants en vitamines, en sels minéraux, en protéines et en hydrates de carbone). Lorsque l'alcool est consommé en grande quantité et que s'y ajoutent des déficits en protéines et en calcium, cela peut accélérer l'ostéoporose et la nécrose osseuse.
Les retombées sociales : accidents, violence, suicide
Qu'on soit en présence d'une alcoolodépendance de longue date ou de consommations excessives sporadiques, l'alcool a souvent pour conséquences de graves problèmes médico-sociaux, même dans les cas où il ne conduit pas à une maladie au sens strict. Accidents, chutes ou actes de violence commis en états d'ivresse, divorces et suicides dus à l'alcool constituent autant de dommages indirects de la consommation d'alcool. Sources de souffrances physiques et psychiques, ils s'accompagnent également de coûts économiques pour les individus directement concernés et pour la société toute entière.
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Qu'est-ce qu'un verre-standard (v-s)
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Institut suisse de prévention
de l'alcoolisme et autres toxicomanies
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