Femmes enceintes - message sanitaire sur les bouteilles d’alcool
L’AFP
annonce que le message
sanitaire à destination des femmes enceintes, prévu par un arrêté de 2006, sera
apposé sur toutes les bouteilles d’alcool à partir de mercredi prochain.
Notant que ce message peut prendre la forme d’un pictogramme ou de la phrase
d’information : « la consommation
d’alcool pendant la grossesse même en faible quantité peut avoir des
conséquences graves sur la santé de l’enfant », l’agence
signale que l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé
lance une campagne dans les médias pour informer le grand public et les femmes
enceintes de la mise en place de ce message sanitaire. L’agence rappelle que
l’alcoolisation fœtale est la première cause non génétique de handicap mental
chez l’enfant.
A la
Une
de FRANCE SOIR, la
photo d’un verre de vin tenu par une main féminine et cette mention
« Nuit gravement à la grossesse ».
Sur
deux
pages titrées
« consommation
d’alcool pendant la grossesse : les spécialistes plaident pour
l’abstinence », le journal rapporte que pour Martine
Daoust, présidente de la Société française d’alcoologie, l’apposition de ce
message est « une victoire »
pour le milieu scientifique, sachant que « les alcooliers beaucoup moins
enthousiastes mais bien obligés de se soumettre » ont le choix entre un
pictogramme ou une phrase (voir AFP). Soulignant que la France envoie déjà des
bouteilles avec des messages sanitaires au Canada et aux Etats-Unis où la
législation l’exige, le quotidien estime « pourquoi ne pas informer la
future maman française de la même façon après tout ? ». D’après le
journal, les spécialistes « préfèrent recommander l’abstinence totale en
vertu du fameux principe de précaution », un principe, dont selon la
présidente de la SFA « on nous bassine
(...) face à la grippe aviaire » alors « qu’ici on connaît pertinemment les risques » car
« des études précises ont été menées ». Et France Soir de
tenter « Faut-il pour autant se priver d’une flûte de champagne pour fêter
l’annonce d’un heureux événement à venir ? même
une toute petite goutte sous peine de culpabiliser ? ».
Un
encadré
sur « des risques
souvent méconnus » où le journal tente de
démêler le vrai du faux
avec l’éclairage de Martine Daoust.
A l’assertion
" un petit verre de temps en temps ça ne fait pas de
mal" ! le quotidien qui
répond « faux »,
souligne que seul un Français sur cinq déclare qu’il n’existe pas de
consommation sans aucun risque, alors que 82% estiment qu’être ivre au moins
une fois pendant la grossesse peut être risqué pour le bébé, et que la moitié
des Français jugent que le danger n’existe qu’en cas de consommation
quotidienne et/ou excessive (enquête BVA 2004). Pour M. Daoust, « les risques sont là. Il vaut mieux boire de l’eau
pendant neuf mois ! ». A l’assertion
« Il faut faire attention pendant les
trois premiers mois de la grossesse seulement », la
réponse est également « faux »
car d’après le Dr Daoust « il n’existe
pas de période à risque », les organes pouvant « être atteints à n’importe quel stade de la grossesse ».
Observant qu’une personne sur deux pense pourtant qu’il est plus dangereux de
boire pendant les trois premiers mois, le journal explique que c’est tout au
long de la grossesse que l’alcool passe dans le sang du bébé, s’y concentrant
même plus que dans le sang de la mère en raison du faible poids du foetus et
d’un foie qui n’élimine pas encore correctement. D’après le quotidien, seuls
22% des interrogés le savent. Pour France soir, il est tout aussi
faux de dire que « les alcools forts
sont plus dangereux que le vin, la bière et le champagne »
car il n’existe aucune différence de nocivité entre les boissons alcoolisées,
ce que ne savent pas la moitié des Français.
Un
encart
sur les dangers encourus par
le bébé qui risque des retards de croissance ou des
malformations irréversibles, se doublant de problèmes psychiques ou
comportementaux. Evoquant le SAF (syndrome d’alcoolisation fœtale), trouble le
plus grave, le quotidien indique qu’il se manifeste par des malformations
faciales ou de la boîte crânienne et de l’encéphalie,
des troubles nerveux, des déficits intellectuels, une hyperactivité, une
difficulté à maîtriser ses impulsions. Le journal souligne que sur 750 000
naissances chaque année, 700 à 3000 enfants seraient concernés par le SAF.
D’après
France
Soir
« le
secteur vinicole semble coopérer » tous se retrouvant sur
un point « pas question de contester la loi ». La directrice de Vin
et Société, qui regroupe l’ensemble de la filière, se dit en accord avec
l’objet de l’action, mais pas sur les moyens et elle s’interroge notamment sur
l’efficacité du pictogramme, estimant « qu’une
campagne de communication aurait été plus intéressante » car le
pictogramme « entache le produit »
alors qu’il faudrait s’attaquer au comportement. Pour sa part, Entreprise et
Prévention, qui regroupe 17 grandes entreprises, « approuve totalement la
démarche » et a même « encouragé
d’autres secteurs » comme le secteur viticole à y adhérer.
Précisant qu’en principe elle n’est pas favorable aux messages sur les
conditionnements, l’association souligne toutefois « le SAF est encore mal connu de la population. L’action
est donc légitime ».
A noter une interview d’Anne Marie Payet, sénatrice de la Réunion, à l’origine de l’amendement instaurant le pictogramme. Elle dit avoir déposé cet amendement après avoir rencontré des associations de la Réunion qui cherchaient à faire connaître le SAF et avoir vu des enfants atteints La sénatrice qui se dit satisfaite, regrette toutefois que le « logo (soit) minuscule en France » car « aucun format n’est imposé » et elle estime que c’est « d’ailleurs à revoir avec le ministère de la santé afin de le définir plus précisément ». Relevant qu’il n’y aura pas de message sanitaire à côté du pictogramme, elle souligne que selon une enquête les femmes auraient préféré « la compilation du logo avec un message ». Elle dit pas ailleurs n’avoir subi aucune pression de la part des professionnels du vin et des alcools forts, précisant que ceux qui ont déjà apposé le logo n’ont constaté aucune impact négatif sur les ventes.